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Musique classique : de Barthes à Duras, la playlist des grands écrivains

古典音乐:从巴特到杜拉斯,大作家们的私人歌单

France Culture 原文链接

23/11/2018 (MIS À JOUR À 17:23) Par Hélène Combis

翻译:simcolor, Atena, fan17

D'Umberto Eco, “foudroyé” par Chopin, à Marguerite Yourcenar amoureuse de la musique de chambre de Beethoven, en passant par Cioran qui avait Bach pour religion, écoutez six grands écrivains parler de leur passion pour le répertoire classique.

从对肖邦一见钟情的翁贝托·艾柯,一直到沉醉于贝多芬室内乐的玛格丽特·尤瑟纳尔,还有视音乐为宗教的萧沆,让我们走近这六位伟大的作家,来听听他们讲述与古典音乐的不解之缘。

Marcel Proust à genoux, tenant une raquette de tennis devant Jeanne Ponquet debout sur une chaise, au tennis du Boulevard Bineau à Neuilly en 1892• Crédits : Doppia / Leemage - AFP. 拿网球拍作吉他的普鲁斯特跪在站在椅子上的Jeanne Ponquet的身前,摄于1892年

“C'est comme si des portes gigantesques s’ouvraient devant moi tout à coup”, “Cela chante simplement, terriblement, à la limite du possible”, “S'il y a quelqu'un qui doit tout à Bach, c'est bien Dieu”…. lorsqu'on convoque à la fois l'univers de la littérature et celui de la musique classique, le nom qui vient est immanquablement celui de Proust, avec sa fameuse “Sonate de Vinteuil”, morceau fictif qui émaille A la recherche du temps perdu. Mais nombre de grands écrivains cultivent ou cultivaient un rapport passionné à la musique dite “classique”. Nous avons fouillé dans les archives sonores de France Culture et de France Musique, afin de vous concocter cette playlist toute spéciale : Yourcenar, Cioran, Umberto Eco, Philip K. Dick… écoutez six grands écrivains vous parler de leurs émotions, alors qu'est décerné pour la première fois le Prix littéraire des musiciens à la Philharmonie de Paris, ce 23 novembre 2018.

“就像面前巨大的山门轰然打开,一片豁然开朗”,
“这歌声简约而又极致,直入无人之境“,
“如果有谁应将一切归功于巴赫,那就是上帝“

当我们谈论文学界和音乐界的跨界大师时,总不会少了普鲁斯特:在他的巨著《追忆似水年华》中,这段由Vinteuil谱写的(只存在在作家脑海中的)小提琴奏鸣曲反复出现。然而,还有不少其他当代或已逝的作家,他们与古典音乐的关系也是密不可分。于是法国文化电台节目的编者从庞大的录音资料库中整理编制出了一套特别的播放列表:尤瑟纳尔,萧沆,翁贝托·艾柯,菲利普·迪克……让我们一起来听听这六位大作家们与音乐的故事。与此同时,今年新创立的《音乐文学奖》也将于2018年11月23日在巴黎爱乐音乐厅颁发(译者注:原文发表于2018年。音乐文学奖是一个由音乐家们评选出来的给描写音乐的文学作品的奖)。

Marguerite Duras et la "Valse du petit chien", de Chopin

玛格丽特·杜拉斯和肖邦的《小狗圆舞曲》

La Musica (1965), Moderato cantabile (1958), India song (1973)… Ces titres parlent d’eux mêmes. Pourtant, s'il y a une chose que Marguerite Duras estimait avoir raté dans sa vie, c'est bien la musique, comme elle le confiait elle même. Dans l'émission Les Greniers de la mémoire sur France Musique, en 2009, elle affirmait ainsi : “J'écris des livres dans une place difficile, c'est-à-dire entre la musique et le silence. Je crois que c'est quelque chose comme ça. On rate toujours quelque chose, ça c'est forcé, c'est une obligation dans la vie, j'ai raté la musique”

《音乐》(1965),《琴声如诉》(1958),《印度之歌》(1973),这些作品名和音乐的关系已无需赘言。即便如此,作家与导演玛格丽特·杜拉斯仍然认为自己的一生有所缺失,而此正是音乐。在2009年的《法国文化》的广播电台的节目《回忆的阁楼》中(译者注:重播之前的采访录音),她说, ”我是在一个困难的境地中写下这些书的,确切的说,是在音乐与沉默之间。大概就是这么一回事。每个人无可避免的都会有所缺失。这是生活的无奈,而我所缺失的正是音乐“

Celle qui plaçait le silence au centre de son écriture n'était pas musicienne. Elle n'en avait pas moins chez elle un piano, “comme avant, dans les cercles”. Ainsi : “Quand quelqu’un passe et qu’il sait jouer du piano, il y a quand même de la musique dans la maison. Devant la musique, les mots ne signifient plus rien. Après, il n’y a plus que Dieu, mais Dieu n’existe pas. Alors il n’y a plus que les enfants.”

一个把沉默放在作品中占有主要地位的作家和导演,我们不能勉强称之为音乐家。尽管如此,她家里依然摆放着一台钢琴,“那时朋友圈里都这样”。“当有人来做客,碰巧会弹钢琴时,家里还是有些音乐的。音乐为大,在它面前,所有的文字都显得多余。排在音乐之后的,只有上帝。哦,不对,上帝并不存在;好吧,那就换成孩童”。

Pianiste laborieuse dans son enfance, c'est seulement à l'âge de 17 ans que Marguerite Duras entend sa première oeuvre du répertoire classique. Elle racontait ainsi cette épiphanie musicale, survenue vers minuit sur un paquebot qui ralliait Saïgon à Marseille, alors qu’elle rentrait en France pour faire sa rentrée à l’université :

杜拉斯小时候在钢琴上下了不少功夫,然而她一直长到17岁才第一次听到古典音乐的演奏。她讲述了这次音乐在她身上的显灵:那时正是深夜,在一艘从西贡到马赛的客轮上,小玛格丽特正在返回法国准备上大学的途中。她说:

Un soir, j’ai entendu dans le salon de musique du bateau quelqu’un jouer une valse de Chopin. C’était sans doute, à 17 ans, ce qui pouvait me toucher le plus. L’émotion était si violente que je m’en souviens encore, comme si des portes gigantesques s’ouvraient devant moi tout à coup ; et après, pendant des années, j’ai été au concert toutes les semaines. […] J’ai encore le son de la valse à travers le bruit de la mer, le bruissement de l’eau. Je crois que c’était la “Valse au petit chien”, une valse assez difficile, la plus belle de Chopin. C’était le premier contact avec la musique et en même temps j’ai compris que je n’en ferai pas, que je n’arriverai jamais à en jouer d’une façon qui me satisfasse.

一天晚上,我听到在轮船音乐厅里,有人在演奏肖邦的一首圆舞曲。毫无疑问,这音乐把当年17岁的我深深震撼了。那感情如此强烈,我至今难忘,就好像一座山门在我面前轰然打开,光芒万丈。在之后的日子里,多少年来,我每周都要去听古典音乐会。[…] 我至今依然记得那首圆舞曲的声音,和着大海中波涛的声音。我想,那是肖邦的“小狗圆舞曲”,一个不算简单的曲子,极为动听。那是我和“真正的”古典音乐第一次接触,而与此同时,我知道我这辈子弹到这么好是没指望了。

Umberto Eco et la sonate numéro 2 en si bémol de Chopin

翁贝托·艾柯与肖邦降B二号奏鸣曲

Umberto Eco jue de la flûte dans son appartement de Milan en octobre 1997, Italie. 图为:翁贝托·艾柯1997年十月在意大利米兰的公寓里演奏直笛. • Crédits : Gianni GIANSANTI/Gamma-Rapho - Getty

Il qualifiait la musique de “littérature sérieuse”. Le célèbre auteur du Nom de la rose a joué dans sa vie de six ou sept instruments différents : piano, violoncelle et surtout, à partir de ses vingt ans, flûte à bec. Il aimait d'ailleurs raconter que son ami, le compositeur et pionnier de musique électroacoustique Luciano Berio, affirmait qu'il en jouait “de plus en plus mal” : ”J’ai commencé à jouer régulièrement de la flûte à bec, avec laquelle j’ai toujours joué de la littérature sérieuse très mal, comme du Bach.“

《玫瑰的名字》的作者,著名作家翁贝托·艾柯,他曾形容音乐为“严肃庄重的文学”。他一生中会演奏六七样不同乐器,其中就有钢琴、大提琴,尤其是从他二十岁起,还能吹直笛。 他喜欢谈起他的朋友,意大利电声音乐作曲家及先驱人物Luciano Berio,后者说他演奏得“越来越糟糕”:“我开始经常吹直笛,我一直用它非常糟糕地演奏严肃的作品,比如巴赫。

Mais c'est seulement assez tardivement, comme Marguerite Duras, qu'Umberto Eco découvre la musique classique ; il est âgé de 16 ans quand il entend pour la première fois du Chopin à travers son poste de radio : “J’habitais dans une petite ville, il n’y avait pas de salle de concert”, confiait-il dans l'émission Le Temps des écrivains sur France Culture en 2015, un an avant sa mort, ”la radio donnait seulement un concert le vendredi soir et parfois c’était de l’opéra, il n'y avait pas beaucoup d’œuvres symphoniques, et on devait tendre l'oreille pour capter, à trois heures du matin, de petits morceaux de piano par-ci et par-là.“

当然,和玛格丽特·杜拉斯一样,这一切来得晚了些,当翁贝托·艾柯迷上古典音乐。他十六岁第一次在收音机广播里听到肖邦之时,他说:“我当时住在一个小镇上,没有音乐厅”。在艾柯去世前一年,他曾在2015年上法国文化电台的《作家时代》节目中坦言道:“只有周五晚上电台才播音乐会,有时候播歌剧,不怎么播交响乐作品,于是人们得竖着耳朵等到半夜两三点才能听到些许钢琴片段。

Une oeuvre de Chopin, en particulier, enchantait l'auteur italien : la sonate numéro 2 en si bémol, jouée par le grand Vladimir Horowitz :

肖邦有一部作品,尤其吸引这位意大利作家:弗拉基米尔·霍洛维茨演奏的肖邦降B二号奏鸣曲

La découverte de Chopin m’a foudroyé et j’ai commencé à faire des voyages, mêmes nocturnes, pour aller à Turin où il y avait des concerts de la radio. J’écoute toujours cette sonate. Si je peux, j’aimerais l’entendre jouer au moment de ma mort… je devrais le mettre dans mon testament.
遇见肖邦让我为之震惊,为此我开始了音乐之旅,甚至连夜赶去都灵,那儿的广播里有霍洛维茨的音乐会。我每天都听这首奏鸣曲。如果可以,我愿意在临终时听到这首乐曲……嗯,我得把这点写进我的遗言里。

La musique jouait un rôle particulier dans l'oeuvre de l'écrivain italien dont l'écriture, selon ses propres dires, était influencée de manière générale par les “phénomènes non-verbaux” :

音乐在这位意大利作家笔下的文学作品里也扮演了特别的角色,按照他本人的话说,即:他整体的文风曾受到“语言之外的因素”的影响:

Ce n’est pas un hasard si je m’occupe de sémiotique, donc de tout le système de signes, et pas seulement du langage verbal. Beaucoup de mes techniques narratives, je les ai apprises par le cinéma, plus que par les autres romans. Les peut-être également, sans que ce soit trop conscient : la partition d’un texte d'une ouverture d'opéra, un minuetto… jouent un certain rôle sans que j’y pense beaucoup.
如果我着迷于符号学那这并不是偶然,因此可以延伸至所有的符号系统而不仅仅只是口头表达的语言这个领域。我的很多叙述手法是从电影里学到的,可以说甚至比从其他小说里学到的还多。同样道理,一份歌剧序曲或是或是一首小步舞曲的乐谱……都在不知不觉中改变了我。

Roland Barthes et l'andante du premier trio de Schubert

罗兰·巴特和舒伯特的第一号钢琴三重奏之行板乐章

Pianiste et chanteur lyrique amateur, Barthes aimait particulièrement Schumann (il avait préfacé un ouvrage autour de sa “musique pour piano”), Fauré, Debussy, Ravel, et Schubert. Quiconque connaît bien son oeuvre sait que les références au répertoire classique n'y sont pas rares (Pelléas et Mélisande de Debussy, Ma mère l'oye de Ravel…). En 2009, l'émission de France Musique Les greniers de la mémoire rapportait une analyse d'un andante de Schubert qu'avait faite l'auteur des Fragments d'un discours amoureux en 1976. C'était sur France Culture, dans une émission traitant “du chant romantique et du rapport intime et immédiat à la musique” :

身为一名业余钢琴家和歌唱家,罗兰·巴特(1915-1980)特别喜欢舒曼、弗雷、德彪西、拉威尔和舒伯特(他曾为一本关于舒曼钢琴曲的书做序)。熟悉巴特作品的读者们当然知道,他书中提及的古典曲目很多,比如德彪西的歌剧《佩利亚斯与梅丽桑德》,或者拉威尔的《鹅妈妈》。在2009年,法国音乐电台《回忆的阁楼》节目重播了这次1976年的采访,当时这位《恋人絮语》的作者对舒伯特的一段行板乐章进行了分析。那次采访是由法国文化电台录制,主题是关于“浪漫主义歌曲和亲密知心的音乐”。

Ce soir, donc, de nouveau, j’écoute la phrase qui ouvre l’andante du premier trio de Schubert. C’est une phrase parfaite, à la fois unitaire et divisée, une phrase amoureuse s’il en fut ; et je constate une fois de plus combien il est difficile de parler de ce qu’on aime. Que dire de ce qu’on aime, sinon : «je l’aime», et le répéter sans fin ? […] Tout discours sur la musique ne peut commencer, me semble-t-il, que dans l’évidence ; de la phrase schubertienne que nous avons entendue, je ne puis dire que ceci : cela chante, cela chante simplement, terriblement, à la limite du possible. Mais n’est-il pas surprenant que cette assomption du chant vers son essence, cet acte musical par lequel le chant semble se manifester ici dans sa gloire, advienne précisément sans le concours de l’organe qui fait le chant, à savoir la voix ? On dirait que la voix humaine est ici d’autant plus présente qu’elle s’est déléguée à d’autres instruments : les cordes. Le substitut devient plus vrai que l’original ; le violon et le violoncelle chantent mieux, ou pour être plus exact, chantent plus que le soprano ou le baryton, parce que, s’il y a une signification des phénomènes sensibles, c’est toujours dans le déplacement, la substitution, bref, en fin de compte, l’absence, qu’elle se manifeste avec le plus d’éclat.
今晚,我再次听到了舒伯特第一钢琴三重奏中行板乐章的首句。这是完美的一句,既有统一又不失独立,好像一句情话;我不得不重申,描述爱意是很难的事情。除了一遍一遍的重复“我爱它”,还能如何?[…]在我看来,所有关于音乐的讨论,要先从音乐本身显而易见的地方开始;从我们刚刚听到的舒伯特的这一句来讲,我只能说:这简直是在用琴声歌唱,单纯的,极致的,直至无人之境。但是,我们没有用歌唱的专用工具–人声–但反而达到了歌唱的最好境界,这不令人惊奇吗?我们可以说,人声在这里反而甘拜琴弦的下风,替代品反而比原件更正宗,小提琴和大提琴比女高音和男中音‘唱’得更好。这是因为如果我们承认”感官表象“的意义的话,那么其意义总是在错位取代,甚至空缺时能够得到最清晰的体现。

Philip K. Dick et le "Parsifal" de Wagner

菲利普·K·迪克和瓦格纳的《帕西法尔》(亚瑟王传奇中寻找圣杯的英雄人物)

Il avait pris des cours de piano, enfant, mais cet apprentissage n'avait pas duré très longtemps. Devenu étudiant au campus de Berkeley, en Californie, il avait retrouvé la musique classique au rayon du magasin de disques dans lequel il travaillait, avant de devenir programmateur d'une émission de musique classique dans une radio locale. En 2004, dans l'émission Surpris par la nuit sur France Culture, qui brossait le “Portrait de Philip K. Dick en madrigaliste élizabéthain”, l'anthologiste et traducteur Robert Louit soulignait les nombreuses références musicales dans l'oeuvre du Maître du Haut Château : “Il peut s'agir de références à des œuvres musicales, ou de petites inventions qu’il glisse dans ses romans, liées à la musique […] qui sont des éléments biographiques. […] Je pense au personnage du pianiste de 'Simulacres'”. Une de ses nouvelles, Cantate 140, racontant l'histoire de chômeurs cryogénisés, emprunte d'ailleurs son titre à Bach - cette cantate a pour paroles “Wachet auf, ruft uns die Stimme“, qui signifie “Eveille-toi, la voix appelle”.

他童年时学过钢琴,但时间并不长。就读加州大学伯克利分校期间,他在唱片店打工,这使他重新接触古典音乐。此后,他主持了当地电台的古典音乐节目。(原文如此。但据Wiki,他1947年主持音乐节目,1948-1952在唱片店工作。)2004年,法国文化电台的“深夜惊奇”节目,描绘了“伊丽莎白一世时代抒情诗人的肖像:菲利普·K·迪克”。文学家及译者罗伯特·路易指出,《高堡奇人》引用了许多音乐作品。“有些是直接引用音乐作品,有些是他在小说中略略提过的关于音乐的想象……是一些自传式元素……我想到的是‘假象世界’里的那位钢琴家人物。”他有个短篇小说《康塔塔140》,讲述被低温活体保存的失业者,标题借用了巴赫的作品。这首康塔塔有一句唱词:“Wachet auf, ruft uns die Stimme”,意为“醒来吧,那声音在召唤”。

Dans cette même émission, Robert Louit expliquait que Wagner occupait aussi beaucoup l'esprit de l'écrivain : dans son grand roman mystique, SIVA, il y a notamment de nombreuses allusions à l'opéra métaphysique Parsifal :

这次节目中,罗伯特·路易谈到,瓦格纳同样给予这位作家很大的精神影响:在他的神秘主义小说《SIVA》里,有多处明显影射了玄奥的歌剧《帕西法尔》:

J'imagine bien Richard Wagner aux portes du paradis. “Vous devez me laisser entrer. J'ai écrit “Parsifal”. Il y est question du Graal, du Christ, de souffrance, de pitié et de guérison. D'accord ?” Et on lui répond : “Eh bien, nous l'avons lu et ça ne veut rien dire.” Et on lui claque la porte au nez. Wagner a raison et les autres aussi. Encore un piège chinois. […] Encore une absurdité de Parsifal : l'idée que la sottise possède une vertu salvatrice. Pourquoi ? Dans l'opéra, la souffrance communique au timide et sot Parsifal “suprême force et pitié”. Comment ? Pourquoi ? Des explications, s'il vous plaît.” Philip K. Dick, extrait de “SIVA”
我能想象得到理查德·瓦格纳站在天堂的门外。“你们得让我进去。我写了《帕西法尔》,是关于圣杯、基督、苦难、怜悯以及治愈的。行吗?”天使们回答他:“呃,我们看过你写的,不过写得没什么意义。”然后在他的面前砰地关上了天堂之门。瓦格纳说得对,天使们也没错。又是一个让人头疼的难题。 《帕西法尔》还有一处十分荒诞:愚蠢拥有救助的美德这个概念。为什么呢?这部歌剧中,苦难向腼腆又天真的帕西法尔传导了“至高的力量与怜悯”。怎样?为何?请您给些解释吧。——节选自菲利普·K·迪克作品《SIVA》

Pour Frédéric Gabriel, directeur de recherche au CNRS, lui aussi participant à cette émission, la musique dans l'oeuvre de Dick est un élément, le seul peut être, auquel ses personnages peuvent se raccrocher ; bien plus qu'à l'espace, puisque les protagonistes dickiens se meuvent dans des mondes truqués, des réalités qui se dérobent, ou encore des structures paranoïaques dignes de Kafka :

法国国家科学研究中心的研究主任,弗雷德里克·加布里埃尔,也参与了此次节目。他认为,迪克作品中的音乐是一个元素,可能是使他的人物们能够彼此联结的唯一一个元素。而不仅仅是在空间中相联结。既然迪克的主人公们在“假象的世界”中活动,现实世界就此回避了,这也如同卡夫卡的妄想狂小说结构:  

La musique qui est un langage non-verbal à travers lequel l’émotion passe directement, est peut être quelque chose de plus fiable que toute autre forme d’expression. Et en ce sens, pas mal de personnages dickiens, et je pense Philip K. Dick lui même, ont trouvé dans l'écoute de la musique une relative forme de stabilité dans la dérive générale qui les emportait.
音乐是无字的语言,情感可经音乐直接表达,也许还比其他形式的表达更可靠些。在这一点上,有不少迪克的主人公们,我认为还有菲利普·K·迪克自己,通过听音乐,在裹挟他们的漂流中,找到了一种相对的稳定形式。

Marguerite Yourcenar, les quatuors à cordes de Beethoven et le chant des baleines

玛格丽特·尤瑟纳尔,贝多芬的弦乐四重奏以及鲸歌

“La musique n’est pas indiscrète, et lorsqu’elle se lamente elle ne dit pas pourquoi”, écrivait magnifiquement Marguerite Yourcenar(1903-1987) dans Alexis ou Le traité du vain combat en 1978 :

“音乐不冒昧,它在哀叹时不解释原因。”玛格丽特·尤瑟纳尔在1978年的《亚历克西,或者一个徒劳挣扎的故事》中这样绝妙地写道:  

Woroïno était plein d'un silence qui paraissait toujours plus grand, et tout silence n'est fait que de paroles qu'on n'a pas dites. C'est pour cela peut-être que je devins un musicien. Il fallait quelqu'un pour exprimer ce silence, lui faire rendre tout ce qu'il contenait de tristesse, pour ainsi dire le faire chanter. Il fallait qu'il ne se servît pas des mots, toujours trop précis pour n'être pas cruels, mais simplement de la musique, car la musique n'est pas indiscrète, et, lorsqu'elle se lamente, elle ne dit pas pourquoi. Il fallait une musique d'une espèce particulière, lente, pleine de longues réticences et cependant véridique, adhérant au silence et finissant par s'y laisser glisser. Cette musique, ç'a été la mienne.
沃罗伊诺满是静寂,这静寂总是显得更加广袤,完全的静寂只是我们没有说出的话语。也许是因为这样,我成了一名音乐家。得有个人来表达这静寂,让它交出它所含有的悲伤,或者说,要让它歌唱。不得使用词句,词句总是太精确,以至于无法不残忍。只有单纯的音乐。因为音乐不冒昧,它在哀叹时,并不解释原因。得有一种特殊的音乐,缓慢,有许多长长的缄默但却坦诚,最终汇入静寂,慢慢消逝。这样的音乐,就是我的音乐。

L'autrice des Mémoires d'Hadrien disait craindre de faire partie des auditeurs “qui très vite abandonnent le problèmen lui même pour s’enfoncer dans une rêverie qui est élargie et illuminée par la musique.” C'est ce qu'elle confiait, dans des extraits d'entretiens rediffusés sur France Culture en 2002, dans Thématique Phonothèque :

写《哈德良回忆录》的这位女作家说她害怕成为那些听众的一员,“他们迅速抛弃音乐问题本身,以沉溺于一个由音乐扩大并启发的遐想。”她在采访中吐露道。法国文化电台2002年的“作家主题录音资料室”节目重播了这些采访片段。

C’est une des grandes qualités de la musique : chacun peut traduire à son gré sans nécessairement trahir l’artiste tandis que traduire à son gré une oeuvre de Victor Hugo ou Shakespeare, c’est probablement trahir, car les mots sont là qui ont un sens qu’il faut respecter, tandis que l’auditeur, jusqu'à un certain point, ce qu’il veut.
这是音乐的伟大品质之一:每个人都可以尽情诠释,而不必然地违背音乐家。然而在尽情地诠释维克多·雨果或莎士比亚的作品时,或许就会违背作者,因为词句已经存在,它们拥有意义,应当受到尊重。而听众呢,在某种程度上,爱怎么理解都行。

Dans cette même émission, on l'entendait confier que son compositeur préféré était Beethoven, et qu'elle nourrissait une grande passion pour ses quatuors. Plus étonnant, elle confessait aussi son amour pour la “musique naturelle” du chant des baleines.

节目中,我们还听到她说,她最喜爱的作曲家是贝多芬,并且对他的四重奏有极大的热情。更让人惊讶的是,她透露自己非常喜爱鲸鱼唱的“自然音乐”。

Emil Cioran, et tout Bach

艾米尔·萧沆,以及全然巴赫

“S'il y a quelqu'un qui doit tout à Bach, c'est bien Dieu”, estimait le philosophe et écrivain roumain Emil Cioran. Dans le brouillard de son pessimisme nihiliste, Wagner, Chopin, mais surtout Bach, faisaient figure d'éclaircies. Il en parlait avec la voix vibrante, comme en témoignait en 2004 l'émission Les Vendredis de la philosophie, qui rediffusait des archives de ses confessions radiophoniques :

“如果有谁应将一切归功于巴赫,那就是上帝。”罗马尼亚哲学家及作家艾米尔·萧沆这样评价道。在他那虚无的悲观主义之雾中,瓦格纳,肖邦,尤其是巴赫,为他显露了一角晴空。2004年的电台节目“哲学星期五”,重播了这份如同告解的电台录音资料,他用激动的嗓音谈到,像作见证一般:

La musique a joué dans ma jeunesse un très grand rôle, moins maintenant. Une de mes très très grandes passions a été Bach. De toutes mes passions, c'est celle qui est restée absolument intacte, même ma passion pour Dostoïevski a diminué, mais pas celle pour Bach. Je ne sais pas comment l'expliquer, ç'a été pour moi une espèce de religion.
在我的青年时代,音乐给予我非常大的影响,现在要少一些了。我对巴赫非常非常喜爱。在我热爱的一切事物中,只有他的音乐让我保持不灭的热情。我甚至对陀思妥耶夫斯基的作品都没那么大的劲头了,但对巴赫可不一样。我不知如何解释,这对我来说就是一种宗教信仰。
采访录音: “我们总是自杀得太晚” – 萧沆
Cioran : on se suicide toujours trop tard

Dans ses Cahiers (1957-1972), Cioran estime que la passion de la musique est une forme d'aveu, et qu'il en savait plus sur quelqu’un qu'il ne connaissait pas mais qui aimait la musique, que sur quelqu'un qu'il fréquentait tous les jours et qui ne l'aimait pas. Dans cette même émission de France Culture, Georges Liébert, qui fut le dernier éditeur de Cioran, témoignait :

在《笔记1957-1972》中,萧沆认为,喜爱音乐是一种自我供认。比起他经常接触的非音乐爱好者,他更了解那些他并不认识的音乐爱好者。 法国文化电台的此次节目里,萧沆的最后一任编辑,乔治·里埃贝尔,证实道:

Il était sans arrêt à l'écoute de la vie et de lui-même, du néant. Et en même temps, de ce néant d'où surgissait inextinguible, la vie. Et c'est je crois ce qui qu'il a retrouvé dans les dernière années de sa vie la passion pour la musique ; la musique en tant que telle qui est une forme de figuration, de métaphore de la vie, l'instinct vital, l'action sans activité quand vous êtes un mélomane…
他不断地聆听生命、自身,以及虚无。同时,从这虚无里产生了不可磨灭的生命。我认为这导致他在晚年重新燃起对音乐的热情。当你是一名音乐爱好者,音乐就成为了一种形象,一种生命的隐喻,是维系生命的本能,是不主动的行为……

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ecrivain-playlist.txt · 最后更改: 2019/05/10 07:17 由 193.51.104.24